La Honda CRF1100L Africa Twin s'achète 15 490 euros. Ou 23 490. Entre les deux, il y a huit configurations au catalogue, deux modèles qui partagent le même nom mais pas la même partie-cycle, et une question que l'on se pose depuis des mois en entrant chez le concessionnaire : quelle part de cette différence est vraiment nécessaire ?
La réponse courte est que les versions plus chères n'ajoutent pas un seul cheval, ne modifient pas l'électronique de sécurité et n'améliorent pas les freins. Elles ajoutent du confort et, dans un cas, onze kilos. Voyons où va l'argent, avec le tarif italien sous les yeux.
La gamme italienne 2026, dans un tableau
Il s'agit des prix départ concessionnaire et des poids avec le plein annoncés par Honda Italia pour l'année-modèle 2026.
| Version | Prix | Poids avec le plein | Ce qui la distingue |
|---|---|---|---|
| CRF1100L Africa Twin | 15.490 € | 231 kg | Suspensions Showa mécaniques réglables dans plusieurs paramètres |
| Africa Twin ES | 16.490 € | 233 kg | Suspensions électroniques Showa EERA, prise 12 V de série |
| Africa Twin DCT ES | 17.690 € | 244 kg | Boîte à double embrayage, frein de stationnement |
| Adventure Sports ES | 19.490 € | 243 kg | Roue de 19 pouces, réservoir de 24,8 l, feux de virage |
| Adventure Sports DCT ES | 20.690 € | 253 kg | Comme ci-dessus, avec DCT |
| Adventure Sports Travel Edition | 22.290 € | 243 kg | Équipement de voyage de série |
| Adventure Sports DCT Travel Edition | 23.490 € | 253 kg | Comme ci-dessus, avec DCT |
Le moteur est le même sur toutes les versions : un bicylindre parallèle de 1 084 cm³ avec vilebrequin calé à 270°, développant 102 ch à 7 500 tr/min et 112 Nm à 5 500 tr/min. Aucune version n'est plus rapide qu'une autre.
De la version de base à l'ES : mille euros de suspensions
Le premier échelon coûte 1 000 euros et concerne presque uniquement les suspensions. La version de base reçoit une fourche Showa à cartouche réglable dans plusieurs paramètres et un monoamortisseur avec précharge réglable par molette ; l'ES adopte le système Showa EERA à contrôle électronique, qui ajuste l'amortissement en fonction du mode de conduite et permet aussi d'intervenir sur la précharge arrière en roulant, depuis l'écran.
Les débattements ne changent pas : 230 mm à l'avant et 220 à l'arrière sur les deux modèles. Les jantes, la garde au sol de 250 mm, la hauteur de selle, le cadre et le système de freinage ne changent pas non plus. Toute la différence réside dans la manière dont les réglages s'effectuent, pas dans l'étendue des réglages.
Il y a aussi un petit détail pratique, qui n'apparaît presque jamais dans les essais : sur la version de base, la prise 12 V est un accessoire payant, tandis que sur l'ES elle est de série. Si vous pensiez ajouter un navigateur, des poignées chauffantes ou une prise pour le téléphone, il faut mentalement ajouter ce coût aux 15 490 euros.
Les mille euros en valent-ils la peine ? Si vous réglez les suspensions une fois pour toutes et les laissez ainsi pendant trois ans, non. Si vous voyagez en alternant entre pilote seul, pilote avec passager et pilote avec passager et bagages, l'EERA vous fait gagner à chaque fois dix minutes de réglage et une bonne dose d'approximations. C'est un confort réel, pas un gadget, mais cela reste un confort.
Le DCT : 1 200 euros et onze kilos
L'étape suivante est celle qui divise le public. De la version ES manuelle à la version DCT ES, il y a 1 200 euros et, surtout, onze kilogrammes : de 233 à 244 kg avec le plein.
La boîte à double embrayage de Honda est une technologie éprouvée, produite depuis plus de quinze ans, et elle dispose d'une fonction G conçue précisément pour le tout-terrain, qui réduit le patinage des embrayages afin d'offrir une réponse plus directe à l'accélérateur. Ceux qui l'essaient dans les embouteillages ou lors d'une journée de cols alpins ont du mal à revenir en arrière. Sur les marchés où il est disponible, le DCT est choisi par bien plus de la moitié des acheteurs.
Les onze kilos ne sont toutefois pas un simple détail comptable. Ce sont des kilos que l'on ressent lorsque la moto est à l'arrêt et qu'il faut la faire pivoter sur une aire en pente, lorsqu'on la relève après une chute banale sur un chemin non goudronné, ou lorsqu'on la charge sur un ferry. Sur une moto qui pèse déjà 233 kg, passer à 244 kg change le degré de tout-terrain que vous êtes prêt à pratiquer.
Avec le DCT disparaît aussi la possibilité d'avoir un quickshifter, que Honda propose comme accessoire sur les versions manuelles. En revanche, la version DCT gagne un frein de stationnement commandé depuis le guidon, ce qui est réellement utile sur une moto sans possibilité d'engager une vitesse.
Comment décider sans l'essayer
La bonne question n'est pas « le DCT est-il meilleur ? ». C'est : où effectuerai-je 80 % de mes kilomètres ? Si la réponse est l'asphalte, la circulation et les voyages, le DCT est de l'argent bien dépensé et vous ne remarquerez presque jamais les kilos supplémentaires. Si la réponse inclut du vrai tout-terrain, du sable ou des parcours où la moto peut finir par terre, chaque kilo compte et la boîte manuelle reste le choix le plus judicieux.
L'Adventure Sports n'est pas une finition : c'est une autre moto
C'est ici que survient l'erreur la plus courante. L'Adventure Sports est perçue comme « l'Africa Twin la mieux équipée », mais ce n'est pas le cas : c'est une moto conçue pour un usage différent, et la fiche technique le dit clairement.
| Africa Twin | Adventure Sports | |
|---|---|---|
| Roue avant | 21 pouces, 90/90-21 | 19 pouces, 110/80 R19 |
| Roue arrière | 18 pouces, 150/70 R18 | 18 pouces, 150/70 R18 |
| Débattement des suspensions | 230 / 220 mm | 210 / 200 mm |
| Garde au sol | 250 mm | 220 mm |
| Réservoir | 18,8 litres | 24,8 litres |
| Hauteur de selle | 870 / 850 mm | 835 / 855 mm (basse 795) |
| Empattement | 1.575 mm | 1.570 mm |
| Feux de virage | N/D — non prévues | De série |
| Poids avec le plein (boîte manuelle) | 231 kg | 243 kg |
La roue avant de 21 pouces de l’Africa Twin est la dimension des enduros de voyage : elle absorbe mieux les obstacles, ne bute pas sur les marches et garde sa trajectoire sur les surfaces meubles. Le 19 pouces de l’Adventure Sports est la dimension des crossovers de tourisme : plus précis sur l’asphalte, plus rapide lors des changements de direction, moins à l’aise là où la route s’arrête vraiment.
Trente millimètres de garde au sol en moins et vingt millimètres de débattement en moins vont dans le même sens. En contrepartie, on gagne six litres de réservoir — qui, avec les 20,5 km/l annoncés, représentent plus de cent kilomètres d’autonomie — et une selle plus basse de série, avec l’option à 795 mm pour ceux qui ont du mal à poser les pieds au sol.
La différence est si structurelle que même les accessoires ne sont pas interchangeables : les supports de valises, les protections et le sabot moteur pour l’Africa Twin et pour l’Adventure Sports figurent dans des catalogues distincts. Si vous achetez d’occasion ou commandez des accessoires, c’est la première chose à vérifier.
Ce qui ne change jamais, quelle que soit la version
C’est ce qui rend la version de base bien plus facile à défendre qu’il n’y paraît. Sur toutes les versions, y compris les deux moins chères, on trouve :
- le même moteur de 102 ch et 112 Nm ;
- la centrale inertielle à six axes, qui gère le contrôle de traction HSTC, l’ABS en virage, l’antiwheelie et le contrôle du cabrage de la roue arrière ;
- les cinq modes de conduite (Urban, Tour, Gravel, Off Road, User) ;
- l’écran TFT tactile de 6,5 pouces avec écran LCD supplémentaire, Bluetooth, Apple CarPlay et Android Auto ;
- le régulateur de vitesse ;
- le même système de freinage, avec un double disque de 310 mm et des étriers radiaux à quatre pistons ;
- l’éclairage entièrement à LED avec feux de jour.
Autrement dit, acheter la version de base ne signifie pas acheter une Africa Twin bridée ou moins sûre. Cela signifie acheter la même moto, avec des suspensions à régler manuellement et sans prise 12 V.
Le poids est le véritable prix à payer
Si l’on aligne les chiffres, la gamme raconte une histoire cohérente : chaque euro dépensé au-delà de la version de base s’accompagne de kilos supplémentaires.
- Base → ES : +2 kg pour l’électronique des suspensions
- ES → DCT : +11 kg pour la boîte de vitesses
- Africa Twin → Adventure Sports : +12 kg pour le réservoir et les habillages
Aux deux extrêmes, entre la CRF1100L de base et l’Adventure Sports DCT, il y a 22 kilos et 5 200 euros. Vingt-deux kilos sur une moto déjà exigeante, c’est la différence entre une enduro routière que l’on peut se permettre d’emmener seul sur un chemin de terre et une moto de voyage que l’on préfère garder sur l’asphalte.
Quelle version choisir
Trois profils, pour simplifier.
Si vous pratiquez vraiment le tout-terrain, ne serait-ce que quelques jours par an : CRF1100L Africa Twin de base, avec boîte manuelle. C’est la plus légère de toute la gamme, elle possède une roue avant de 21 pouces, 250 mm de garde au sol et des suspensions réglables avec la clé — ce qui, au milieu de nulle part, est un avantage et non une limite. Les mille euros économisés sur l’ES couvrent largement un sabot moteur sérieux et des protections.
Si vous voyagez surtout sur l’asphalte, souvent à deux, avec des bagages : Adventure Sports ES, en boîte manuelle ou DCT selon vos préférences. Les six litres de réservoir supplémentaires et la selle plus basse changent la vie lors des longs trajets, et la roue avant de 19 pouces est la dimension adaptée à votre usage de la moto.
Si la moto est votre moyen de transport quotidien et que le tout-terrain est davantage une hypothèse qu’un projet : Africa Twin DCT ES. En ville et lors des trajets, la boîte automatique est ce qui vous fera sourire chaque matin, et vous ne remarquerez jamais les onze kilos supplémentaires.
Les Travel Edition sont un cas à part : elles coûtent environ 2 800 euros de plus que l’Adventure Sports correspondante et incluent l’équipement de voyage. Avant de les commander, il vaut la peine de coucher sur le papier le coût d’un jeu de valises choisies par vos soins, car l’intérêt du pack dépend beaucoup de la mesure dans laquelle cet équipement correspond à celui que vous auriez acheté de toute façon.
Résumé : où va l’argent
| Passage | Coût | Ce que vous obtenez | Ce que vous perdez |
|---|---|---|---|
| Base → ES | +1 000 € | Suspensions électroniques, prise 12 V | 2 kg |
| ES → DCT ES | +1 200 € | Boîte automatique, frein de stationnement | 11 kg, le quickshifter |
| Africa Twin → Adventure Sports | +3 000 € | 6 litres de réservoir, selle plus basse, feux de virage | 12 kg, 30 mm de garde au sol, roue avant de 21 pouces |
| Adventure Sports → Travel Edition | +2 800 € | Équipement de voyage de série | Liberté de choix des accessoires |
Questions fréquentes
Combien coûte la Honda Africa Twin 2026 en Italie ?
Les prix commencent à 15 490 euros départ concessionnaire pour la CRF1100L Africa Twin de base et atteignent 23 490 euros pour l’Adventure Sports DCT Travel Edition.
La version de base a-t-elle moins de puissance ?
Non. Toutes les versions ont le même bicylindre de 1 084 cm³ développant 102 ch à 7 500 tr/min et 112 Nm à 5 500 tr/min.
Quelle est la différence entre l’Africa Twin et l’Africa Twin ES ?
L’ES est équipée des suspensions à contrôle électronique Showa EERA à la place des suspensions mécaniques et dispose d’une prise 12 V de série. Les débattements, les jantes, les freins et l’électronique de sécurité sont identiques. Elle coûte 1 000 euros de plus et pèse 2 kg de plus.
Combien la version DCT pèse-t-elle en plus ?
Onze kilogrammes : 244 kg contre 233 pour l’ES manuelle, les deux avec le plein. Sur l’Adventure Sports, l’écart est du même ordre, de 243 à 253 kg.
Le DCT est-il intéressant sur l’Africa Twin ?
Cela dépend de l’usage. Sur l’asphalte, en ville et en voyage, c’est un confort dont peu de conducteurs regrettent l’absence ; en tout-terrain exigeant, les onze kilos supplémentaires et l’impossibilité d’actionner l’embrayage manuellement se font vraiment sentir. Il n’existe pas de réponse valable pour tout le monde.
L’Adventure Sports est-elle seulement une Africa Twin mieux équipée ?
Non, c’est une moto différente. Elle possède une roue avant de 19 pouces au lieu de 21, des débattements de suspension réduits, 30 mm de garde au sol en moins, un réservoir de 24,8 litres contre 18,8 et une selle plus basse. Elle est orientée tourisme, tandis que l’Africa Twin reste davantage enduro.
Quelle Africa Twin est la meilleure en tout-terrain ?
La CRF1100L Africa Twin de base à boîte manuelle est la plus légère, avec 231 kg ; elle possède une roue avant de 21 pouces, une garde au sol de 250 mm et les débattements les plus importants de la gamme.
Les accessoires sont-ils interchangeables entre l’Africa Twin et l’Adventure Sports ?
En général, non. Les deux motos ont des superstructures, un réservoir et des géométries différents ; les supports de valises, les protections et le sabot moteur sont donc spécifiques à chaque modèle. Il faut toujours vérifier la compatibilité avec la version exacte et l’année.
La version de base dispose-t-elle du contrôle de traction et de l’ABS en virage ?
Oui. La centrale inertielle à six axes, le HSTC, l’ABS en virage, l’anti-wheeling et les cinq modes de conduite sont de série sur toutes les versions.
Peut-on installer le quickshifter ?
Oui, comme accessoire, mais uniquement sur les versions équipées d’une boîte manuelle. Il n’est pas prévu sur les DCT, car la boîte est automatique.
Sources et approfondissements
- Honda Italie — page officielle des caractéristiques et des prix de la CRF1100L Africa Twin, millésime 2026
- Honda Italie — page officielle des caractéristiques et des prix de la CRF1100L Africa Twin Adventure Sports, millésime 2026
- Motorrad (Allemagne) — comparaison des versions de la CRF1100L Africa Twin, août 2026
Article mis à jour le 2 septembre 2026. Les prix indiqués sont les prix catalogue, départ concessionnaire, et n’incluent ni la mise à la route ni l’immatriculation. Ils peuvent varier selon les promotions du réseau.


























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